Un retournement dans la pensée du salut:

Penser le Salut d’après les écrits de Guy LAFON
par Mari OSREDKAR

Mari-Jose OSREDKAR est slovène, francophone. Il est franciscain, et enseigne à la faculté de théologie de Ljubljana. Il a soutenu en octobre 2002 sa thèse de doctorat en théologie à l’Institut Catholique de Paris, sous la direction de Joseph Caillot. L’intitulé de la thèse était : Vivre avec « tout autre ». Penser le salut d’après les écrits de Guy Lafon.

Depuis cette soutenance, Mari Osredkar poursuit son travail de relecture de l’oeuvre de Guy Lafon : il rend explicite les démarches de la théologie de Guy Lafon et prolonge, dans ses travaux et publications, les lignes de force des écrits qu’il a analysés. Il a ainsi publié en 2008 un nouvel ouvrage : Il est important d’être ensemble (Hommage à Guy LAFON un penseur de l’entretien), aux éditions franciscaines (Paris). Les textes (ou liens) proposés sur cette page sont classés par ordre chronologique, du plus ancien au plus récent.



2003 – Vivre avec « tout autre ». Penser le Salut d’après les écrits de Guy Lafon

Ce texte est la recension de la thèse de Mari-Jose OSREDKAR, Vivre avec « tout autre ». Penser le Salut d’après les écrits de Guy Lafon. Il a été publié en français dans la revue slovène de la faculté de théologie de Ljubljana, Bogoslovnivestnik. L’article est paru dans le numéro 2 de l’année 2003, de la page 193 à la page 216. Il nous a été gracieusement transmis par l’auteur, aujourd’hui enseignant assistant pour la théologie fondamentale à la faculté de théologie catholique de Ljubljana. On trouvera ci-dessous le résumé, en français(), puis en anglais() et en slovène () de cet article. Et en bas de page un lien vers le texte intégral, à télécharger en version PDF.

  • RESUME ():

    Ce travail dégage la façon, propre à Guy LAFON, de penser le Salut et confronte celle-ci à la théologie traditionnelle. Dans le même temps, l’attention portée à la pratique des non – pratiquants conduit à reconnaître ce qui constitue l’essentiel dans la vie chrétienne.

    A partir de l’entretien, un concept auquel Guy LAFON donne une signification bien particulière, on constate que la Révélation crée l’Eglise en permanence. C’est pourquoi, plutôt que parler de non-pratique, il est préférable d’utiliser l’expression de pratique différente de celle, prescrite par l’Institution. La participation du fidèle à la Communion des croyants évolue. Mais, de quelque façon qu’elle s’exprime, c’est elle qui épanouit la foi de l’individu, la même foi qui le fait appartenir à l’Eglise.

    Ainsi, au centre de toute cette pensée, se trouve la foi, le rapport théologal qui, inséparablement lié à l’ordre éthique, constitue chaque entretien dans lequel nous nous trouvons. Le théologal sauve l’éthique, parce que croire en l’autre signifie avoir confiance en lui, s’approcher de lui. Or, le fidèle, en vivant le rapport au Tout Autre dans le rapport à tout autre, vit en sauvé. Il n’est donc pas nécessaire de mourir pour être sauvé. En vivant avec et pour un autre, on vit avec et pour tout autre et, vivre avec tout autre, se transforme, dans la foi, en vivre avec Tout Autre.

    C’est ainsi que la foi nous fait vivre, en nous appelant à vivre ensemble, elle sauve le rapport éthique. Nous pouvons donc chercher dans l’entretien le début et la fin de notre existence. En lui commence et finit la foi. En traitant, dans la foi, de ce qui existe entre les hommes, nous transformons les débats anthropologiques en sagesse théologique.

    MOTS – CLES : Appartenance à l’Eglise – Guy LAFON – Entretien – Foi – Rapport théologal – Ordre éthique – Salut. >

  • SUMMARY ():

    This work brings out Guy Lafon’s manner of thinking about Salvation and confronts it with traditional theology. At the same time, this way of thinking makes the initial question about the practice of those who are not regular churchgoers just a starting point of reflection about the essentials of Christian life.

    Starting from the fact that man already by being a man finds himself in a meeting (Guy Lafon uses the term l’entretien to which he gives a rather special meaning), it can be concluded that the Revelation constantly creates the Church. Thus, speaking about a different observance from the one prescribed by the Church is more appropriate than speaking about nonobservance of church rules. The participation of the Christian in the community of the faithful is always in a process of development. This participation may express itself in many different ways, but it always deepens the faith of the individual, which is also the faith that makes him a member of the Church.

    These considerations are centered around faith, the relation to God, which is inseparably connected to the relation to one’s fellow beings. These two relations together constitute every meeting in which man finds himself. The relation to God saves the relation to the others because to believe somebody is to trust him, to be close to him. By living the relation to God in the relation to everyone else, the believer participates in Salvation. Thus, it is not necessary to die to be saved. To live with somebody and for somebody means to live with everyone and for everyone. Thus, to live with everyone means, in faith, to live with God.

    In this way faith gives us life by inviting us to live together. And in the meeting we can find the beginning and the end of our existence. The meeting is also the beginning and the end of our faith. When dealing, in faith, with what takes place between humans, at a certain moment the anthropological discussion turns into theological wisdom.

    KEY WORDS: belonging to the Church, Guy LAFON, meeting, faith, relation to God, interhuman relation, Salvation.

  • Nacin razmišljanja, ki izvira iz spisov Guy-ja Lafona, v tem delu primerjan s tistim v tradicionalni teologiji, omogoca, da vprašanje o praksi « ne-praktikantov » spodbudi razmišljanje o tem, kar je bistveno v kršcanskem zivljenju. Izhajajoc iz dejstva, da se clovek nahaja vedno v « srecanju » z drugim (Lafon na tem mestu uporablja besedo « l’entretien », ki v njegovem kontekstu razmišljanja dobi poseben pomen in vsebino), pridemo do zakljucka, da Razodetje ustvarja Cerkev brez prenehanja. Zato je govorjenje o  » praksi, ki je drugacna  » od tiste, ki jo predpisuje Cerkev, veliko primernejše od govorjenja o « ne prakticiranju » verskega zivljenja. Kristjanova prisotnost v obcestvu vernih pozna neki razvoj. Toda, na kakršenkoli nacin je izrazena, ona je tista, ki daje rast in razcvet veri, ker je prav ona tista, ki je vernika vclenila v Cerkev. V središcu našega obravnavanja je vera. Teologalni in eticni odnos, nelocljivo povezana, sta del vsakega srecanja, v katerem se najdemo. Odnos do Boga rešuje odnos do cloveka, ker verovati drugemu pomeni zaupati mu, se mu priblizati. Vernik, ki v odnosu do vsakega drugega zivi odnos do Popolnoma Drugega, zivi « odrešeno ». Vera v Boga rešuje cloveka – mu daje zivljenje. Torej ni potrebno umreti, da bi bil lahko odrešen. V tem primeru, ziveti z in za neko osebo, pomeni ziveti z in za vsakega drugega. Tako se zivljenje z vsakim drugim, v veri, spremeni v zivljenje s Popolnoma Drugim. Na ta nacin vera daje zivljenje: vabi nas, da zivimo skupaj. Tako ona rešuje eticni odnos. V « srecevanju » lahko torej išcemo zacetek in konec našega bivanja; v njem se zacne in konca vera in v obravnavanju tega, kar obstaja med ljudmi se atropološke debate sprevrzejo v teološko modrovanje.


Ce travail dégage la façon, propre à Guy Lafon, de penser la vie humaine. Vivre veut dire se trouver dans des situations de rapport avec les autres. Par le lien aux autres, nommé entretien, Dieu entre en rapport avec l’homme. Ainsi, la foi, le rapport théologal, inséparablement lié à l’ordre éthique, constitue chaque entretien dans lequel nous nous trouvons. Le théologal sauve l’éthique, puisque vivre avec tout autre, se transforme, dans la foi, en vivre avec Tout Autre. C’est ainsi que la foi nous fait vivre ; en nous appelant à vivre ensemble, elle sauve le rapport éthique. Nous pouvons donc chercher dans l’entretien le début et la fin de notre existence et de notre foi.

This paper brings out the manner of thinking about human life that is characteristic of Guy Lafon. To live means to find oneself in relation with others. By the bond with others called meeting (Guy Lafon uses the term l’entretien, to which he gives a rather special meaning), God enters in relation with man. Thus, faith as relation to God and inseparably connected to the relation with one’s fellow beings constitutes every meeting in which we find ourselves. The relation to God saves the relation to others because in faith living with others is transformed into living with the Other. In this way faith makes us live, by calling us to live together it saves the interhuman relations. Thus, in the meeting we can seek the beginning and the end of our existence and our faith.



Il n’est pas possible de juger les œuvres de Guy Lafon comme un objet ! Mais je peux dire que j’ai établi avec elles une telle relation que les idées qui y sont exprimées ont influencé ma vie chrétienne, ma vue sur le monde, mes pensées, mon enseignement et surtout mon rapport aux autres, à «tout autre». Je voudrais avoir réussi à présenter le salut de manière telle qu’il soit attrayant et qu’il aide des frères à trouver le sens de leur vie, leur salut, en établissant des relations avec tout autre et en reconnaissant dans ces relations la venue du Tout Autre. Je peux dire en tout cas que l’étude de ces œuvres m’a accompagné pendant de longues années. Elle m’a permis de méditer ma relation «avec l’autre» et, surtout, de réaliser la présence spirituelle et, si je puis dire, «relationnelle» de l’autre.

(4ème de couverture)

Les Editions Franciscaines , 2008

Format : 125 x 195 168 pages

Prix : 14 €

ISBN 978-2-85020-241-4


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